Naissance de Timon – 2006

YD70PODLa naissance de Timon était planifiée à la maison, avec l’accompagnement de Catherine, sage-femme, car nous désirions un accouchement le plus naturel possible.

Je ressens les premières contractions inhabituelles (légèrement douloureuses) en fin de nuit le 7 septembre. La date théorique est dans une semaine, mais c’est la pleine lune en ce moment…

Sauf qu’après m’être levée, elles cessent totalement. L’après-midi se passe avec des contractions qui ont repris mais qui sont très espacées et peu douloureuses. Vers 16h30 j’appelle tout de même mon mari Frédéric à son travail afin qu’il prévienne qu’il ne pourra peut-être pas revenir le lendemain.

A 16h45 je dois aller chercher ma fille Elvire à l’école (à 5min à pied) ; j’hésite à y aller moi-même, car j’ai des contractions peu fréquentes mais quand même. J’ai des contractions toutes les 10-15 minutes. J’ose même, après l’école, passer à la pharmacie non luin faire une course. En rentrant, je m’arrête avec Elvire chez une voisine faire un bout de papote, dans l’idée de penser à autre chose qu’à mes contractions et pour faire passer le temps… Puis Elvire demande à aller jouer chez la voisine d’à côté, Claudine, qui doit d’ailleurs l’héberger le temps de la naissance. Je reviens seule à la maison.

Frédéric rentre vers 18h30 du travail. La soirée avance.

Puis Frédéric lance la préparation du dîner et pendant que ça cuit, il part louer des DVD (des comédies !), car nous pensons que nous aurons à patienter une partie de la nuit, comme pour la naissance d’Elvire… Il doit être autour de 20h00. J’ai un moment d’hésitation à le laisser y aller car les contractions sont désormais plus rapprochées et plus intenses (peut-être toutes les 5 min), mais mon esprit n’étant plus très clair, je ne cherche pas à réfléchir et je le laisse partir.

A son retour, il va chercher Elvire chez Claudine, malgré ma demande de la lui laisser, car à ce moment-là, je me rends compte que ça se bouscule et que je ne suis plus disponible pour gérer autre chose que mes contractions. Lui préfère qu’elle passe un moment à la maison avant de retourner chez la voisine, car Elvire n’est pas très chaude pour aller dormir chez elle (c’est la première fois).

Pendant l’absence de Frédéric, j’essaie d’évaluer mon col. Catherine m’avait demandé de ne pas l’appeler trop tôt, le bon moment étant « quand ça se bouscule », et en boutade elle avait ajouté « appelle-moi quand tu es à 8-10 de dilatation ». En riant j’avais dit « chiche », et je m’étais promis d’essayer d’apprendre à évaluer mon col. J’ai essayé 2 ou 3 fois seulement avant la naissance, sans être bien sûre  de mes ressentis. Cette fois-là non plus, je ne sens rien de bien clair. Pas un col ouvert en tout cas. Mais j’appelle tout de même Catherine. Il est 20h30. Chaque contraction me donne une suée, tellement c’est physique, intense. Le rythme est soutenu désormais, une contadtion toutes les 2-3 minutes, et la conversation est très entrecoupée !  Catherine se rend compte qu’elle doit partir aussitôt, d’autant qu’elle en a pour 15 minutes pour se préparer et 45 minutes pour venir de Châteaubriant…

Puis je me fais couler un bain, car j’avais prvu de faire une partie du travail dans l’eau. Au bout d’une demi-baignoire j’entre dans l’eau sans attendre car j’ai désormais bien du mal à gérer la douleur, malgré mes covalises-gémissements. Je me mets sur le côté. Cela me fait beaucoup de bien. Frédéric donne son dîner à la petite. Mais très vite je l’appelle et lui demande d’emmener immédiatement Elvire chez Claudine, car je crie de plus en plus et même si Frédéric lui dit que je chante pour faire venir le bébé, il s’agit bien de cris de douleur qui l’inquiètent plus qu’autre chose. Je ne voulais surtout pas qu’elle participe aux « réjouissances » et ne lui avais pas dit que faire naître un bébé pouvait être douloureux, je préférais qu’elle l’apprenne en étant plus âgée. Elvire se met à pleurer, demande à m’embrasser pour me dire aurevoir mais comme je crie à chaque contraction, cela l’effraie et c’est dans cet état d’esprit que Frédéric emmène chez la voisine, entre son coup de barre du soir, l’inquiétude de me voir souffrir et l’inquiétude d’aller dormir chez Claudine… Pas top !

Frédéric rentre. Je lui demande aussitôt de disposer en vitesse les alèses jetables au sol dans la salle de bain, ainsi que d’apporter le pouf sur lequel j’avais prévu de m’installer après la naissance pour avoir plus de confort. A 20h50 je perds les eaux et l’appelle pour qu’il m’aide à sortir du bain, car je ne voulais pas être dans la bignoire pour l’arrivée du bébé. Je m’agenouille près de la baignoire, en appui sur les mains, Frédéric est derrière moi. Les contarctions sont alors formidables, et je ressens désormais l’invie impérieuse de pousser, et plus précisément, de faire enfin sortir ce bébé et cette douleur qui va avec car je n’en peux plus, je n’en vuex plus de cette douleur.

D’un coup quelque chose sort de moi, et toute surprise par cette sensation, je demande, haletante et toute bête, à Frédéric : « Il y a quelque chose qui est sorti, qu’est ce que c’est ? » Il se penche :  » C’est la tpete du bébé! » Déjà !  Emue et tremblante, je vais à tâtons l’effleurer des doigts. Première caresse hésitante, ma main n’ose pas toucher vraiment, de peur de déranger Mère Nature à l’oeuvre.

Les contractions se sont arrêtées. Je soupire et souffle : « Pause!… Pause!… » (Pour indiquer à Frédéric l’arrêt des contractions et le rassurer, la crainte me traversant l’esprit qu’il trouve opportun de tirer sur la tête ou de faire autre chose…). Il se contente de supporter la tête du bébé avec sa main, pour anticiper une chute éventuelle !

Après 30 secondes, nouvelle contraction, et le bébé glisse d’un coup hors de moi. Frédéric l’accueille dans ses mains. Il enlève le cordon ombilical qui fait un tour autour de son cou, et me le donne par-dessous. Je le prends contre moi et Frédéric m’aide à m’installer sur le pouf et à nous recouvrir, Timon et moi, d’une alèse et d’une couverture.

Ouf, ça y est ! On peut souffler un peu maintenant, après toute cette bousculade.

Il est 21 heures.

Timon respire bien, il n’est pas bleu. Il crie une fois. Tout  l’air de bien se passer. Je n’ai pas d’hémorragie. Le placenta glisse à moitié hors de mon vagin, il me gêne et je demande à Frédéric de tirer pour l’extraire, mais il n’ose pas. Je voudrais me redresser davantage sur mon pouf, me détendre enfin, mais Frédéric préfère qu’on attende l’arrivée de Catherine pour faire quoi que ce soit.

Je relâche mes muscles tant bien que mal. Nous sommes comme dans un cocon (un utérus ?), Timon et moi, dans la semi obscurité de la salle de bain surchauffée, et enfoncés dans ce pouf-nid, sous les couvertures. Je savoure le bonheur qui m’envahit, regarde intensément et avec admiration mon bébé tout neuf, tout beau déjà.

Frédéric appelle Catherine,. Elle est encore sur la route. Il lui annonce qu’elle peut lever le pied, bébé étant arrivé !

Celle-ci arrive vers 21h40. Comme tout va bien, elle m’accompagne dans ma chambre pour qu’on s’installe mieux pour les soins, et notamment la couture de ma déchirure, car j’ai trop poussé à l’arrivé de la tête…

Pendant ce temps, Frédéric va voir du côté de Claudine (discrètement pour ne pas qu’Elvire le voie) : tout se passe bien, Elvire a très vite arrêté de pleurer. Claudine et elle ont vu « Bambi » en cassette vidéo, puis en livre. Elles s’occupent.

Frédéric annonce à Claudine que le bébé est arrivé, et lui souhaite bonne nuit.

J’aurais préféré qu’Elvire découvre son petit frère aussitôt, mais Frédéric pense qu’il vaut mieux attendre le lendemain.

Pendant que Catherine s’occupe de moi, les contractions reprennent pour ramener l’utérus à sa taille normale. La douleur est terrible car différente  mais aussi intense que pendant l’accouchement et cela dure beaucoup plus longtemps. J’essaie de me soulager avec du paracétamol et de l’arnica, mais cela me gâche vraiment le plaisir de cette naissance, je ne suis plus prête à fournir aucun effort désormais je veux qu’on me laisse me reposer en paix avec mon fils !

Timon reçoit le minimum de soins : Catherine se contente d’insérer un doigt dans la bouche pour vérifier que son palais est bien formé, et elle le pèse ensuite avec la balance qu’elle a amenée : 2,980kg.

Quand elle repart vers Châteaubriant, il doit être 23h00.

Nous nous mettons tous trois au lit. Je ne sais plus quand Timon a pris sa première téée (dans la salle de bain ou après ?), ni comment cela s’est fait. Mais il tête bien et régulièrement, et à chaque tétée, les tranches se manifestent…

Ce fut un accouchement mouvementé ! Je reste avec un sentiment de fierté (on l’a fait tous seuls) teinté de quelques regrets : que dans la bousculade des contractions et de la gestion d’Elvire et du dîner, je n’aie pas pensé à appeler Catherine plus tôt pour qu’elle arrive à temps, regret de n’avoir pu prendre mon bain tranquillement ni, surtout , de n’avoir pu rester tranquille dans ma « bulle primitive » (après avoir lu l’amour Scientifié d’Odent, je’y mettais un point d’honneur !)

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