Naissance de Emmanuel – 2011

Récit de la naissance de Emmanuel, né à la maison le 26 février 2011.

Début février : je commence déjà à avoir des contractions.

Le terme de la grossesse est le 5 mars, mais j’espère de tout coeur que tu arriveras avant, mon bébé, car Catherine (sage-femme à domicile) part en vacances début mars ; pour un accouchement à la maison, il faut que tu arrives en février.

Les jours passent et je profite de ces derniers moments avec mon gros ventre. Je te sens bouger, je te parle, j’ai tellement hâte de te rencontrer…

18 février

J’attendais cette date avec impatience car c’est jour de pleine lune ! Ton grand-frère Philippe est né avec la lune, alors je me dis que peut-être, toi aussi, tu vas pointer ton bout de nez aujourd’hui ?

Le matin, j’ai rendes-vous avec Catherine. Nico m’accompagne. (Philippe est  la garderie aujourd’hui) Catherine m’examine et me demande si elle peut « trifouiller » un peu pour favoriser la mise en route des contractions, ce qui peut déclencher le travail. Je dis OK.

Le col de l’utérus est ouvert a 2. Tu es bien positionné, prêt pour la descente ! « ça peut arriver d’un jour à l’autre » me dit Catherine.

L’après midi, des contractions plus fortes surviennent et je perds le bouchon muqueux. A partir de ce jour, commence la longue attente !

19 février

Nous restons à la maison, sur le qui-vive, dans l’attente d’un signe de ton arrivée, mais les contractions ne se régularisent pas. Le soir, nous partons chez Guillaume et Mira, pour se changer les idées et lâcher un peu prise. Soirée toute tranquille dans la caravane, où j’ai droit en plus à un super massage de la part de Mira. Puis retour à la maison.

20 février

Toujours des contractions, mais pas vraiment d’évolution. Nous tournons en rond dans la maison, toujours dans l’attente… Finalement on décide de partir à Nantes, en se disant que la voiture te remuera un peu ! On arrive dans l’après midi chez mes parents, puis vers 17h nous alons chez Thibaud et Amélie, voir le spectacle de Joël et Laurent : « conférence sur Boris Vian ». Nous marchons un peu dans la ville et je grimpe les quatre étages jusqu’à l’appart’ de Thibaud et Amélie.

Voiture + marche a pied + escaliers = Grosses contractions en arrivant chez les copains ! Durant le spectacle, les contractions se rapprochent et deviennent vraiment fortes.Je chuchote à ton papa qu’à mon avis, c’est pour cette nuit ! J’arrive à suivreplus ou moins le spectacle entre deux contractions, puis nous décidons de rentrer sans tarder. Il est 21h.

On retourne chez mes parents qui se proposent de garder Philippe le temps de l’accouchement. On lui fait un gros câalin et c’est partit direction la maison, à Conquereuil. (3/4 d’heure de route). Dans la voiture (BX aux amortisseurs tout pourris), les contractions sont très dures à encaisser, sur la fin du trajet, j’enlève la ceinture de sécurité et je m’accroupit sur le siège, sous le regard inquiet de ton papa… On arrive enfin à la maison. Vite, un fun dans le poêle, puis Nico installe la « salle d’accouchement ». Pendant ce temps, je me pose dans la chambre et j’ai l’impression que les contractions se calement un peu. Il est déjà tard et finalement nous arrivons à dormir un peu entre les contractions.

21 février

On se réveille le matin, un peu dégoûté de cette fausse alerte : les contractions se sont stabilisées durant la nuit.  On appelle Catherine qui nous propose de passer au cabinet pour faire le point. On fait un monitoring pour voir si tu va bien et enregistrer la fréquence des contractions. Elle me refait une petite « manip' » pour accélérer le travail. Le col est toujours à 2. Retour à la maison, pas d’évolution.

22 février

On est plus sûrs de rien. Pré-travail ? Faux-travail ? Accouchement imminent ?

Dans le doute, je demande à mes parents de ramener Philippe à la maison. On retrouve ton grand-frère dans un état de grosse crise : colères toute la journée et plusieurs réveils dans la nuit. Il sent bien qu’il se trame quelque chose !

23 février

Les journées se suivent, identiques les unes aux autres, avec des moments de fortes contractions, mais qui cessent brusquement. La situation devient dure à vivre, et je vois se rapprocher la date du départ de Catherine avec inquiétude. Et puis il pleut depuis 10 jours, et Philippe qui passe des journées difficiles… Tout cela est usant pour les nerfs.

24 février

J’ai rendez-vous ce matin avec Cécilia, une praticienne en shiatsu, qui déclenche les accouchements tout en douceur, en stimulant des points d’accupression. J’ai confiance en elle, car j’avais été la voir quand Philippe se présentait par le siège : il s’était retourné 3 jours après sa séance ! Je rentre à la maison toute détendue par le massage énergétique, plus confiante, plus sereine…

25 février

On découvre un petit oiseau qui vient faire son nid juste en face de la maison : c’est un troglodyte, il est tout joli ! Ton animal totem ? comme le geai venu le jour d’e la naissance de Philippe ! Aujourd’hui j’ai l’impression que les contractions sont montés d’un cran en intensité. Le soir, Guillaume et Mira passent à la maison pour une petite bouffe. Contractions toute la soirée. Je suis épuisée et je me couche tôt. Contractions toute la nuit.

26 février

Après plusieurs jours de pluie, aujourd’hui : grand soleil ! Et les jonquilles sont en fleurs ! ça sent le printemps ! J’ai des contractions plus ou moins fortes toutes les 5 minutes. Cette fois, j’ai vraiment l’impression que c’est la bonne ! J’appelle mes parents pour qu’ils viennent chercher Philippe dans la matinée. A bientôt mon ptit loup ! Je ne sais pas pourquoi j’ai le coeur serré en regardant Philippe partir dans la voiture. Peut-être parce que ça y est, je sens que c’est la fin de notre petite vie à 3…

(le matin je reois un mail de Tifenn : elle écrit que son pendule lui indique la date de l’accouchement pour le 26 févirer !) Je téléphone à Catherine pour la prévenir de l’avancée du travail et que c’est sûrement pour aujourd’hui. Pas de soucis, elle est à notre disposition, on l’appelle quand on veut. Nous partons dans le bourg, à pied, chercher du pain, en se disant que la promenade accélèrera encore le travail. Je m’arrête aux contractions et je marche comme une tortue ! Retour à la maison où l’on se fait un petit repas en tête à tête avec ton papa. Les contractions suivent leurs cours…

Après manger, nous décidons de partir en ballade, (toujours dans le but de favoriser la dilatation du col), et puis ce grand soleil donne vraiment envie ! Nous prenons le camion jusqu’à l’étang de la roche, près de Marsac ; Et nous voilà partit à faire le tour de l’étang. Mais à mi-chemin, le ciel s’assombrit d’un coup, le tonnerre se met à gronder, et nous voilà rincés par une énorme averse ! puis ce sont ensuite les grêlons ! nous voilà trempés, douchés, et je suis incapable de courir, assaillie par de violentes contractions. Il pleut de plus en plus fort et les grêlons nous cognent la tête. On est pris d’un fou rire devant le comique de la situation ! Finalement, ton papa se tape un sprint jusqu’au camion et me récupère sur la route; On grelotte de froid dans le camion, dégoulinant comme des serpillières, pendant que le soleil refait son apparition.

Retour à la maison où l’on se change et l’on se réchauffe près du po$ele. Et là, d’un coup, pendant 2 heures, les contrations s’arrêtent de nouveau brusquement. Non ? Pas possible ? encore une fausse alerte ??! Je rappelle Catherine pour la tenir au courant de l’arrêt du travail. Elle nous demande si on veut passer au cabinet pour refaire le point. On se donne rendezvous à 17h. Allez, 30min de route jusqu’à Châteaubriant et c’est partit : les contractions reviennent de plus belles ! on y comprend vraiment rien ?!

Monitoring : contractions toutes les six minutes et col dilaté à trois. Pour Catherine, plus de doutes : c’est pour cette nuit; Ah je me sens soulagée de cette confirmation, enfin ! Ça m’aide a accueillir les contractions avec enthousiasme.

Nous repartons à la maison. Catherine nous rejoindra plus tard : elle attend notre coup de fil. (en sachant qu’elle a 30 minutes de route, faudra anticiper…) Le retour en BX me paraît long… Les contractions se rapprochent encore et me semblent plus douloureuses…

Arrivée à la maison : il est 18h

Nico prépare la maison : po$ele à bois à fond, moquette rouge sur le carrelage, matelas, ballon d’accouchement, écharpe de portage suspendue à la poutre, bougies, petit éclairage sympa et musique indienne. Je trouve ç beau, on dirait un petit décor de théâtre !

Et puis ça y est : je rentre dans la phase « hard » du travail. Les contractions se rapprochent de plus en plus et la douleur monte en puissance; Mais je reste bien consciente, présente, contrairement à l’accouchement de Philippe où j’aivais été trèsvite dans ma bulle, déconnectée, là je suis bien éveillée : je parle à Nico, je l’entend qui m’accompagne, me propose des gants de toilettes d’au chaude, me demande si ça va, si je veux changer de position…

Je le sens à fond avec moi ton papa ! Nous vivons cette aventure tous les trois à 100% ! Chacun faisant son chemin, dans le corps, dans la tête, dans le coeur…

Petit à petit, je me déshabille, je suis en sueur et j’ai besoin de sentir mon corps sans tout ces vêtements qui me serrent. Je suis surtout assise sur le gros ballon d’accouchement, et suspendue en plus à l’écharpe, c’est dans cette position que j’encaisse le mieux les contractions. Je tente de marcher un peu parfois, de me mettre à 4 pattes sur le matelas, ou accoudée au buffet… mais dès que la contraction arrive, je hurle de douleur et retourne sur le ballon. Je sens mon bassin qui travaille, qui s’incline pour t’indiquer le chemin, je te parle : « allez mon bébé, vas-y, descend… »

Nico a changé la musique, c’est du piano mainteannt, (Keith Jarett), mais ça ne correspond plus à mon état, la douleur me submerge, je lui demande de couper la musique. Les contractions sont quasiment continues maintenant et j’ai de plus en plus de mal à récupérer.

Je regarde la pendule : 20h

Combien de temps cela va t-il encore durer ? Je commence à trouver cela insupportable, et puis je me suis trop dit qu’un 2ème accouchement ,ça allait être moins douloureux, moins long… du coup, j’ai l’impression de ne pas encaisser la douleur aussi bien que pour l’accouchement de Philippe. Ou alors j’avais déjà oublié la violence inéluctable d’une naissance ?

Je tiens encore une heure de plus, de plus en plus épuisée, je sens mon corps ravagé, je n’arrive presque plus à parler,  la douleure continue toujours de monter en intensité. J’ai l’impression d’être un animal : je pousse des hurlements de bêtes, des sons graves, venus du fond du ventre…

Nico est là, pose ses meins sur mes reins, me parle douchement…

A 21h, je lui demande de téléphoner à Catherine. Je n’en peux plus, j’ai beoin qu’elle soit là, de savoir où nous en sommes. Nico l’appelle et pendant qu’il est au téléphone, je perds les eaux. Je me met debout et j’essaie de voir si le liquide est bien clair, Catherine m’ayant prévenue que si le liquide est teinté, je dois filer à la maternité (signe que bébé est en souffrance).

Nico revient. Je lui demande de regarder le liquide, il me dit que ça va il est clair. Bon Maintenant il me reste 30 minutes à tenir avant que Catherine arrive. 1/2 heure quand on a l’impression qu’on va crever, c’est très long… Je me demande si je vais tenir le coup… Je ne sais plus trop ce qui se passe ? Je crois que je suis déconnectée, transcendée par la puissance de la douleur. Je n’ai aucun souvenir clair de ce moment, comme dans une bulle, les yeux fermés, recroquevillée… Comme toi mon bébé sûrement…

Attente de Catherine. Plus de place pour la pensée.

21h30, les bambous de la porte tintent. Catherine vient d’arriver. Enfin. Je suis incapable de la regarder, mais je l’entend qui me parle. Sa sérénité et son optimisme m’apaise un peu. Elle me dit que je prend de bonnes positions, que le travail a dû bien avancer, que ça va aller… Elle propose de m’examiner pour savoir où en est la dilatation. Je me positionne sur le ballon et je m’affale dans les bras de Nico qui se trouve derrière moi. Elle m’examine et ne dit rien. Oh la la, ça sent la mauvaise nouvelle. Je lui demande à combien je suis. Elle m’annonce 5 ou 6. Pour moi c’est le coup de poignard. Je pleure, lui dit que c’est l’horreur , que ça n’avance pas, que je n’en peux plus… Ça me désespère. Seulement 6 ? Non, c’est pas possible… Elle tente de me rassurer en me disant qu’en deux contractions je peux être à 9. Elle me propose une autre position. Je suis toujours appuyée sur Nico, assise sur le ballon, mais j’ai les jambes sur les épaules de Catherine, qui elle, est à genoux et m’examine à la lampe frontale !

Assez acrobatique comme position !

Je ne suis pas très à l’aise, elle me propose de me mettre accroupie . Nico me soutient, il est assis derrière moi et je suis en plus suspendue à l’écharpe ;

Et là, tout d’un coup, je sens que le bébé s’engage vraiment dans le bassin. C’est une douleur autre, violente : mon corps s’écarte, se fend en deux, j’ai l’impression de me déchirer de toute part. Je hurle, je perds pied…

Catherine me parle. Elle me demande si je sens mon bébé avancer. Elle me conseille de m’abandonner totalement à la douleur, dene pas chercher à lui résister. Elle me dit de respirer, de relâcher tout le corps… Je m’effondre dans les bras de Nico. J’essaie de me détendre, je continue de pousser mes cris de bêtes sauvages : j’ai l’impression que ça aide mon bébé à descendre, que ça l’accompagne. Je le sens qui pousse, qui avance… Je m’accroche de toute mes forces à l’écharpe…

Tout d’un coup, je ressens comme une immense brûlure dans tout le périnée et Catherine m’annonce en même temps que ça y est, tu arrives ! Elle voit tes cheveux !  Elle me propose de toucher ton crâne, mais j’en suis incapable, j’ai l’impression que mon bassin, mon périnée sont à des kilomètres de mon corps. Tendre la main jusque là me semble surhumain…

Catherine me dit que mainteannt, il faut laisser le bébé faire son chemin ; ne surtout pas pousser pour éviter de déchirer les tissus du périnée. (c’est étrange, dans les films et les livres, on entend toujours la sage-femme hurler :allez-y poussez !!! »

Alors donc je ne pousse pas, je m’abandonne dans les bras de Nico… C’est comme un silence, un instant d’éternité… Je ressens tout l’amour de Nico qui me serre dans ses bras, suspendu à ce dernier moment d’attente… Et puis, en effet, sans que j’ai eu besoin de pousser un seul moment, je sens ta petite tête avancer et passer du côté de la vie… Je m’apprête à t’accueillir mais catherine me retient ; tu as le cordon enroulé autour du cou. Elle prend un instant pour l’enlever puis tu continues doucement ton chemin. Une épaule, puis l’autre et enfin tu sors de mon ventre ; douché par le reste de la poche des eaux, tu arrives sous une cascade !

Catherine te pose sur le matelas. Je me redresse, te regarde, oublie instantanément toutes ces longues heures de douleur. Ça y est, tu es là ! Tu es trempé, plein de sang et de trucs gluants ! Je te prend et te porte contre mon coeur en pleurant. Mon tout petit bébé, mon tout petit être qui vient d’accomplir le grand voyage de la vie ! Le temps s’arrête. Je m’allonge et je pleure en te serrant contre moi… Je regarde ton papa : le sourir et les yeux qui brillent de tendresse et d’émotion… Nous restons un moment tous les trois, recroquevillés dans cette bulle d’amour!

Après un moment, Catherine vient voir si le cordon a fini de battre et propose à Nico de le couper. (Ce sacré cordon qui t’a retenu et a sûrement freiné le travail durant cette longue semaine) Et nous écoutons émerveillés, ton premier cri…

Voilà mon bébé, tu vis ! il est 21h45. Tu es né 15min après l’arrivée de Catherine ! (J’ai eu l’impression que ça dureait des heures ! 1/4 d’heure ?! Incroyable !!)

Tu es né dans la cuisine, près du poêle à bois, comme ton frère !

Nous t’enveloppons dans une couverture douce et chaude et ton papa te prend dans les bras. Tu as les yeux grands ouverts et tu pleures d’une toute petite voix.

Il me reste la dernière étape de la délivrance : sortir le placenta.

Catherine m’aide à me redresser. Je tremble de tout mon corps. J’ai les jambes comme deux cotons-tiges. Incapable de tenir debout. Et impossible de maîtriser ce tremblement qui me parcourt de la tête aux pieds. Je claque des dents, je suis gelée alors qu’il fait 22° dans la pièce. Le contre-coup.

Finalement, j’arrive à m’agenouiller au dessus d’une bassine. Je sens les contractions de la délivrance qui arrivent. Catherine appuie sur mon ventre et plouf ! v’la un beau placenta dans la bassine ! Nous le regardons toutes les deux. Catherine le déplie et vérifie qu’il est complet. C’est beau cette grosse tranche de barbak !! Une petite partie de toi et moi, mon bébé ! Ton papa l’enterrera demain sous le tilleul du jardin.

Puis je marche tant bien que mal jusqu’à la salle de bain pour une douchette rapide et Catherine m’annonce que je vais avoir droit à quelques points de suture, le périnée s’étant un peu déchiré lors du passage. Elle me recoud dans la chambre et en même temps j’essaie de te donner la tétée, mais comme ton frère, tu as du mal à prendre le sein.

Nico est bien occupé lui aussi à nettoyer la « salle d’accouchement » et il y a du boulot !

Puis nous nous retrouvons dans la chambre pour les petits examens de naissance. Tu vas bien, un gros bébé de 3,830 kg et 51 cm. On remplit aussi les papiers. Catherine nous demande ton prénom. Ton papa répond sans hésiter « Emmanuel » !

On voulait voir ta bouille pour choisir ton prénom. Célestin ? Areski ? Mais non, vraiment, Emmanuel ça te va trop bien !

Il est 1h du matin. Catherine s’en va, avec notre reconnaissance infinie et tout notre respect… (Elle repassera demain, et tous les jours pendant 5 jours)

Nous nous retrouvons tous les 3. On dort tout nus en peau à peau, les uns contre les autres sous la couette. Dans la douceur, dans l’intimité, dans nos odeurs, dans le calme de notre petit nid… quel bonheur !

Je pense fort à Philipe qui devient grand frère cette nuit ! Et a sa naissance si bizarrement ressemblante ! Mes deux enfants nés à la fin de l’hiver, le soir, près d’un petit feu… Mes amours…

Nous voilà quatre pour continuer la grande aventure de la vie !

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